Hana Kuroi
Celle qui écoute ce que les autres refusent d’entendre
Hana Kuroi a 14 ans. Elle vit à Kanazawa, entre une ligne de train presque vide et une forêt qu’on préfère ne pas nommer. Elle ne dit pas grand-chose, mais elle entend beaucoup. Chez elle, le silence n’est pas vide – il est habité. On ne claque pas les portes, on ne rigole trop fort le soir, et on laisse toujours une tasse d’eau près de la fenêtre quand il pleut. Ce sont des choses qui ne s’expliquent pas. On les fait. Ou on apprend à regretter de ne pas les avoir faites.
C’est sa grand-mère qui lui a appris ça. Ce n’était pas une “sorcière”, pas une “chamane”, juste une femme qui savait que les murs retiennent plus de choses qu’on ne croit. Hana a grandi avec ses histoires murmurées, ses gestes simples, et ses silences pleins de messages. Elle n’a jamais vraiment cru aux fantômes – elle les connaît, c’est tout. Certains se cachent. D’autres reviennent. Quelques-uns s’installent.
À l’école, elle est polie, tranquille, un peu à côté. Personne ne sait ce qu’elle regarde exactement, mais elle regarde toujours ailleurs. Elle prend des notes dans un carnet à la couverture grise, qu’elle garde sur elle comme une amulette. Personne ne sait ce qu’il y a dedans. Elle non plus, pas vraiment. Des croquis. Des noms. Des phrases qu’elle entend parfois la nuit, alors que personne ne parle.
Il y a quelques mois, une fille de son collège a disparu. Officiellement, elle a fugué. Mais Hana sait que ce n’est pas si simple. Il y a eu un frisson dans les couloirs. Des miroirs qui se sont fendus sans raison. Et cette sensation qu’on n’était plus tout à fait seuls dans les toilettes du deuxième étage. Depuis, elle cherche. Pas pour comprendre. Pour ne pas laisser effacer.
Hana n’écrit pas pour faire peur. Elle écrit pour donner corps à ce qui est encore là, mais qu’on fait semblant d’avoir oublié. Ses récits parlent de yokai, de rumeurs, de pactes brisés et de légendes locales. Pas comme un jeu. Comme un langage de survie. Elle ne cherche pas à séduire. Elle note. Elle transmet. Elle garde la mémoire des choses qu’on n’ose plus dire à voix haute.
Et parfois, en lisant ses textes, on sent que ce n’est pas juste de l’invention. Qu’il y a un souffle derrière. Un souffle qui attendait d’être entendu.
Son regard sur le monde
« Les morts ne mentent pas. Ils murmurent – encore faut-il oser écouter. »
Pour Hana, les légendes ne sont pas des mythes à collectionner mais des vérités déformées par la peur. Le surnaturel n’est pas une invention : c’est ce qu’on n’a jamais voulu affronter. Elle se méfie des discours rassurants, des raccourcis culturels, de l’exotisme bon marché. Ce qu’elle cherche, c’est la vérité cachée dans les histoires effrayantes.
Elle ne veut pas séduire. Elle veut déranger.
Pas en hurlant. En chuchotant juste ce qu’il faut pour que tu n’entendes plus jamais un craquement de la même façon.
Citations de Hana Kuroi
« Les morts n’ont pas besoin de convaincre. Ils attendent. »
« Une légende oubliée, c’est un avertissement perdu. »
« Ceux qui rient des fantômes n’ont jamais croisé le regard d’un yōkai. »
« Chaque mythe est un miroir, mais certains préfèrent les briser. »
« Ce qu’on appelle superstition est parfois un simple instinct de survie. »
Bibliographie
Horreurs du Soleil Levant – Une compilation de légendes japonaises effrayantes
Une traversée sombre du folklore japonais. Kuchisake-onna, Teke Teke, Jubokko, Otsuyu… Des noms qui ne te quitteront plus une fois lus. À tes risques et périls.
