Quand la victime n’a pas le droit d’exister
Dans l’imaginaire collectif, la violence conjugale a un visage : celui d’une femme marquée par les coups d’un homme violent. Une image omniprésente, légitime, mais incomplète. Car dans l’ombre de ce drame bien réel, une autre souffrance existe, niée, ridiculisée, ignorée : celle des hommes victimes de violences conjugales.
Un sujet tabou, presque dérangeant. Parce qu’il brise les codes. Parce qu’il défie une société qui aime ranger ses histoires dans des cases bien définies. Un homme battu ? Impossible, il est censé être fort.
Et pourtant, ils existent. Ils souffrent. Et ils se taisent.
Les chiffres : une réalité impossible à nier
En France, les rares études disponibles estiment qu’environ 25 % des victimes de violences conjugales sont des hommes. Un chiffre sous-évalué, car beaucoup ne portent jamais plainte, par honte ou par peur de ne pas être pris au sérieux.
Au Canada, un homme sur trois victimes de violences conjugales n’en parle jamais, et au Royaume-Uni, près de 50 % des hommes battus disent n’avoir reçu aucun soutien de la police lorsqu’ils ont signalé leur cas.
Là où une femme battue bénéficiera (à juste titre) de structures d’aide, d’une écoute attentive et d’un élan de solidarité, un homme battu se heurtera à l’incrédulité, aux moqueries, voire à l’accusation d’être lui-même l’agresseur.
Pourquoi ce silence ?
Le tabou des hommes battus s’explique par plusieurs facteurs :
1. Les stéréotypes de genre
- Un homme est censé être fort, dominant, protecteur.
- Être victime de violence conjugale, c’est être faible… donc être “moins un homme”.
Ce conditionnement social pousse les victimes masculines à se taire, par peur d’être tournées en ridicule ou de ne pas être prises au sérieux.
2. Un manque de reconnaissance institutionnelle
- Très peu de structures d’accueil existent pour les hommes victimes.
- Les lois et politiques publiques sont quasi exclusivement tournées vers les femmes, laissant les hommes dans un vide juridique et social.
- Une plainte déposée par un homme est bien plus souvent classée sans suite.
3. La peur de ne pas être cru
Beaucoup d’hommes victimes expliquent qu’on leur a répondu :
“Un homme ne peut pas être battu par une femme.”
“C’est pas un vrai problème.”
“Tu dois être fautif aussi.”
Ce scepticisme ambiant pousse les victimes à endurer en silence.
Un parcours du combattant pour se reconstruire
Quand un homme battu décide enfin de parler, le chemin reste semé d’embûches :
- Peu de centres d’accueil : La majorité des foyers pour victimes sont réservés aux femmes.
- Le danger des fausses accusations : Dans certains cas, l’homme battu qui tente de se défendre peut être accusé à tort d’être l’agresseur.
- Le risque judiciaire : Dans les séparations conflictuelles, certains hommes victimes de violences perdent garde et droits parentaux, car le système judiciaire privilégie souvent les mères, même dans des cas où elles sont violentes.
Exemple frappant :
- Un homme victime ayant signalé des violences peut se retrouver avec une ordonnance restrictive contre lui, simplement parce que son ex-compagne l’accuse en retour, souvent sans preuves suffisantes.
Comment briser le silence ?
Il est temps que la société prenne conscience que les violences conjugales ne sont pas une question de genre, mais une question de souffrance et de droit humain.
Quelques actions nécessaires :
✔️ Reconnaître publiquement l’existence des victimes masculines.
✔️ Créer des structures adaptées.
✔️ Former les forces de l’ordre et la justice à ne plus partir du postulat “homme = agresseur”.
✔️ Encourager la parole sans peur du jugement.
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Parce qu’informer, c’est déjà agir.
Conclusion : pour une vraie égalité dans la lutte contre les violences
Il ne s’agit pas d’opposer hommes et femmes, mais de reconnaître toutes les victimes, peu importe leur sexe. Car une société qui nie une partie de la souffrance de ses membres n’est pas une société juste.
Il est temps de briser ce tabou. Les hommes battus existent. Écoutons-les. Aidons-les.
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