Image associée à l'article sur l'IA et l'éthique par Obscyra

L’Éthique de l’Intelligence Artificielle : Peut-on faire confiance aux machines pour prendre des décisions humaines ?

L’intelligence artificielle (IA) est de plus en plus présente dans nos vies, que ce soit dans la
médecine, la gestion des entreprises, ou même les domaines créatifs. Mais peut-on
vraiment faire confiance à une machine pour prendre des décisions qui affectent des vies
humaines ? Cette question soulève des problématiques éthiques cruciales, où la réponse
réside moins dans la technologie elle-même que dans les intentions des personnes qui la
créent et la programment.


La confiance dans l’IA dépend des créateurs


Une IA ne fait qu’exécuter les programmes qu’on lui donne. Ainsi, la vraie question est :
peut-on faire confiance aux créateurs de ces IA ? Si l’éthique des créateurs est solide, l’IA
sera elle-même programmée pour prendre des décisions constructives et justes. Prenons
l’exemple de la médecine : une IA bien programmée pourrait proposer des traitements basés
uniquement sur les faits et les données, sans être influencée par des émotions humaines
comme la peur de l’échec ou les doutes personnels. Elle peut ainsi recommander des
solutions plus rationnelles et efficaces, mais seulement si elle est encadrée par des
créateurs éthiques.


L’IA utilisée dans les diagnostics médicaux est capable de détecter des
anomalies dans des images médicales avec une précision impressionnante. Mais les
algorithmes derrière ces IA sont conçus par des humains, qui décident quelles données sont
pertinentes et comment elles sont interprétées. Si ces créateurs ne prennent pas en compte
les biais existants, l’IA pourrait ne pas fournir des diagnostics égaux pour tous les patients,
par exemple en ignorant certaines populations sous-représentées dans les données
d’entraînement.

Cela nous amène à une question centrale dans le débat
sur l’IA : comment éviter que les biais humains n’affectent les décisions prises par les
machines ?


Le problème des biais humains


Toute IA est influencée par les biais des humains qui la programment. Si ceux qui créent l’IA
sont guidés par des intérêts financiers ou politiques, l’IA reproduira ces biais. Cependant, si
les créateurs ont des intentions basées sur le bien commun, l’IA peut réellement améliorer le
quotidien. Le problème ne réside donc pas dans la machine elle-même, mais dans la nature
humaine. Par exemple, si une IA est utilisée pour filtrer des candidatures pour un emploi,
elle peut reproduire des discriminations si les algorithmes sont biaisés dès le départ.


En 2018, un algorithme d’embauche utilisé par Amazon a été
abandonné après avoir montré une préférence systématique pour les candidats masculins.
Ce biais était dû au fait que l’algorithme avait été entraîné sur des données historiques
reflétant des décennies de disparités de genre dans les secteurs techniques.


Responsabilité morale et accompagnement humain


Il est crucial de ne laisser l’IA prendre des décisions que si elle est bien accompagnée. Cela
signifie lui fournir toutes les données possibles, tester les résultats encore et encore, et
éduquer les utilisateurs pour qu’ils comprennent comment l’IA prend ses décisions. Cet
accompagnement permet de réduire les risques de mauvaises décisions, surtout dans des
domaines sensibles comme la médecine ou les transports.


Dans le domaine de la conduite autonome, les véhicules équipés d’IA
doivent prendre des décisions en une fraction de seconde pour éviter des accidents. Si ces
décisions ne sont pas soigneusement testées et encadrées, elles peuvent avoir des
conséquences graves. Tesla, par exemple, a dû revoir ses systèmes après plusieurs
accidents impliquant des véhicules autonomes.


Ce besoin d’accompagnement est encore plus
important dans des domaines comme la justice, où l’IA ne peut pas comprendre les nuances
humaines et les émotions.


L’IA et la justice : des limites éthiques


Bien que l’IA puisse être un excellent outil pour analyser des données objectives, elle n’est
pas adaptée à des décisions de justice. Les décisions judiciaires doivent prendre en compte
des circonstances atténuantes et des émotions humaines que l’IA ne peut pas comprendre.
Par exemple, un père qui commet un acte de violence sous l’effet de la colère contre le
violeur de son enfant mérite peut-être un jugement plus nuancé.


Certains diront que l’IA pourrait réduire les biais humains dans la justice
en éliminant les préjugés raciaux ou sociaux. Toutefois, les algorithmes actuels ne sont pas
encore capables de comprendre les subtilités des cas individuels et risquent d’accentuer
certaines inégalités s’ils ne sont pas correctement encadrés.


Comme l’a souligné l’expert en éthique de l’IA, Cathy O’Neil, “Les
algorithmes sont des opinions encodées dans des mathématiques”
. Cela signifie que même
les algorithmes les plus sophistiqués ne sont pas neutres et doivent être continuellement
ajustés pour éviter de nuire.


IA et émotions humaines : Comprendre sans ressentir


L’IA, même la plus sophistiquée, ne peut pas ressentir les émotions humaines. Toutefois,
elle peut être programmée pour comprendre l’impact des émotions et prendre en compte
des éléments liés au bien-être humain. Une IA ne peut pas faire l’expérience de la
souffrance ou de la compassion, mais elle peut analyser des situations émotionnelles si on
lui fournit suffisamment de données pour comprendre les enjeux.


Des IA sont déjà utilisées dans le domaine de la santé mentale pour
détecter les signes précoces de dépression à travers l’analyse de textes ou de
comportements en ligne. Cependant, si elles peuvent identifier des indicateurs, elles ne
peuvent pas remplacer le jugement d’un thérapeute humain, capable d’interpréter des
émotions de manière nuancée.


IA et surveillance : Qui contrôle l’IA ?


L’utilisation de l’IA pour la surveillance de masse pose des questions éthiques profondes. Le
véritable problème ne vient pas de l’IA elle-même, mais de l’utilisation qu’en font les
pouvoirs politiques ou économiques. Une IA ne peut pas refuser d’exécuter un programme
de surveillance si elle est conçue pour cela. C’est donc aux humains de décider de l’usage
éthique ou non de ces technologies.


La Chine a été largement critiquée pour l’utilisation de la reconnaissance
faciale dans la surveillance de masse, notamment pour surveiller et réprimer les minorités
ethniques. Cela montre à quel point l’éthique des décideurs est cruciale dans l’utilisation de
ces technologies.


Libre arbitre et IA : Une limite humaine


L’IA ne limite pas intrinsèquement le libre arbitre. Elle est un outil qui exécute des tâches en
fonction des instructions qu’elle reçoit. Si les motivations humaines derrière ces instructions
sont éthiques, l’IA peut devenir un outil précieux pour faciliter les prises de décision.
Cependant, si elle est programmée pour contraindre ou manipuler, c’est l’intention du
créateur qui est en jeu, et non la machine elle-même.


Les créateurs et utilisateurs d’IA doivent prendre conscience de leur
responsabilité morale. Il est essentiel que l’IA soit soumise à une surveillance rigoureuse
pour garantir qu’elle reste un outil au service de l’humanité, plutôt qu’un instrument de
contrôle.


Peut-on faire confiance aux machines ?


La réponse à cette question dépend avant tout des intentions humaines derrière la création
et l’utilisation des IA. Si les créateurs agissent avec éthique, l’IA peut devenir un outil
incroyablement puissant pour prendre des décisions justes et rationnelles, que ce soit dans
la médecine, la gestion ou d’autres domaines. Cependant, il est essentiel de ne jamais
perdre de vue que la machine est un outil, et que ce sont les humains qui doivent définir son
cadre moral et éthique

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