
Batteries du sang
La géographie du sacrifice cachée derrière la recharge.
La voiture paraît propre parce que les corps, les mines et les territoires abîmés restent hors du cadre.
Ce que ce livre ouvre
Une voiture électrique ne crache rien à son pot d’échappement. C’est exact. Cela ne signifie pas que sa batterie soit née dans un laboratoire immaculé, nourrie par de bonnes intentions et transportée jusqu’à nous par la magie du progrès.
Derrière le lithium, le cobalt, le nickel, le graphite et les terres rares se trouvent des mines, des nappes d’eau pompées, des forêts ouvertes, des déchets chimiques, des travailleurs exposés, des enfants contraints de trier des minerais et des communautés dont le territoire devient une variable industrielle.
Skye MacLir suit la chaîne complète. Du cobalt congolais au lithium des Andes, du nickel indonésien au raffinage chinois, elle montre comment les dégâts sont déplacés, mélangés, certifiés puis effacés avant que la batterie arrive dans un objet propre, silencieux et parfaitement marketable.
Batteries du sang ne défend pas le pétrole et ne prétend pas que la voiture électrique ne sert à rien. Le livre refuse simplement qu’un moindre mal soit transformé en absolution. Une pollution déplacée n’est pas une pollution supprimée. Une chaîne mieux auditée n’est pas nécessairement juste. Une technologie utile ne devient pas innocente parce que ses victimes vivent loin de la prise de recharge.
La transition matérielle existe. Ses limites aussi. La vraie question n’est donc pas seulement de savoir quelle voiture acheter. Elle consiste à demander combien de matière, d’eau, de territoires et de vies nous sommes prêts à sacrifier pour conserver exactement les mêmes usages.
Ce que ce livre démonte
Le livre démonte l’expression « technologie propre » lorsqu’elle ne décrit que le lieu d’utilisation du produit final.
Il montre comment la communication publique sépare artificiellement la voiture de sa batterie, la batterie de ses métaux, les métaux de leurs mines et les mines des travailleurs, des populations et des écosystèmes qui supportent les dégâts.
Il démonte également le mythe d’une chaîne d’approvisionnement rendue morale par quelques audits, labels ou engagements de traçabilité. Les minerais sont mélangés, raffinés, transformés et revendus à travers une architecture suffisamment longue pour disperser les responsabilités.
Le livre expose enfin le refus collectif de parler de sobriété matérielle. Remplacer chaque véhicule thermique par un véhicule électrique lourd ne supprime ni la dépendance automobile, ni l’extraction, ni la pression exercée sur les ressources.
Ce que ce livre ne promet pas
Le livre démonte l’expression « technologie propre » lorsqu’elle ne décrit que le lieu d’utilisation du produit final.
Il montre comment la communication publique sépare artificiellement la voiture de sa batterie, la batterie de ses métaux, les métaux de leurs mines et les mines des travailleurs, des populations et des écosystèmes qui supportent les dégâts.
Il démonte également le mythe d’une chaîne d’approvisionnement rendue morale par quelques audits, labels ou engagements de traçabilité. Les minerais sont mélangés, raffinés, transformés et revendus à travers une architecture suffisamment longue pour disperser les responsabilités.
Le livre expose enfin le refus collectif de parler de sobriété matérielle. Remplacer chaque véhicule thermique par un véhicule électrique lourd ne supprime ni la dépendance automobile, ni l’extraction, ni la pression exercée sur les ressources.
Sommaire détaillé
Avertissement de l’auteur et cadre juridique, page 12
Note éditoriale, page 14
Préface, page 15
Prologue : Tu tiens une mine dans ta main, page 17
Chapitre 1 : Ce qu’il y a vraiment dans une batterie, page 20
Chapitre 2 : Pourquoi on nous vend ça comme propre, page 32
Chapitre 3 : Congo : les corps sous le cobalt, page 54
Chapitre 4 : Andes : l’eau volée au nom du futur, page 72
Chapitre 5 : Indonésie et Philippines : la batterie qui bouffe les forêts et les côtes, page 97
Chapitre 6 : Chine, Birmanie, Afrique : le raffinage et les déchets que personne n’affiche, page 126
Chapitre 7 : Comment la chaîne efface les coupables, page 150
Chapitre 8 : Pourquoi ça continue alors que tout le monde sait, page 187
Chapitre 9 : Voiture électrique : fausse solution, moindre mal ou mauvaise question ?, page 219
Chapitre 10 : Ce qu’on peut exiger sans raconter des contes, page 251
Épilogue : Maintenant tu sais ce qu’il y a derrière la recharge, page 288
Annexes, page 289
Annexe 1 : Anatomie d’une batterie et principales chimies, page 291
Annexe 2 : Carte de la chaîne réelle : du sol au produit fini, page 294
Annexe 3 : Ce que veulent dire les grands mots de la chaîne responsable, page 298
Annexe 4 : Ce qu’on peut réellement exiger et ce qu’on ne peut plus prétendre croire, page 302
Annexe 5 : Mini chronologie de la montée en puissance du récit « propre », page 305
Annexe 6 : Notes méthodologiques sur les limites des chiffres, page 309
Annexe 7 : Lexique de la langue propre, page 313
Appareil documentaire, page 317
Sources internationales et références, page 319
Pour aller plus loin, page 323
Lire un extrait
Tu peux consulter un extrait ou le premier chapitre avant d’aller plus loin.

